Intormations recueillies par Daniel ETALON dans différents
ouvrages d'arboricullure, notamment dans "Fruits et Abeilles".
Je ne pense pas que beaucoup d'entre nous effectueront
la totalité de ces travaux. Chacun choisira en fonction
de l'état de son verger, du nombre et de la forme
de ses arbres, du temps dont il dispose, de l'argent qu'il
est prêt à consacrer à ces travaux,
de ses connaissances et de ses compétences techniques,
de la rentabilité qu'il attend de son verger, de
son courage, et d'autres considérations encore que
l'on maîtrise plus ou moins, comme la météo
par exemple.
Je signale à ceux que cela intéresse que
le Centre Départemental d'Expérimentation
Fruitière (C.D.E.F) de LAQUENEXY, en Moselle (que
j'ai déjà présenté dans le
bulletin n°46 des Croqueurs), offre aux amateurs des
informations et des conseils qui sont fréquemment
réactualisés en fonctions des avertissements
agricoles. Pour en bénéficier, deux solutions:
1/ Permanence téléphonique, tous les lundis
après-midi. 2/ 24 heures sur 24, par Minilel. Tapez
3615, code MTONE. Attendre le menu et choisir: "conseils
arboricoles".
JANVIER
- Prévoir le matériel nécessaire
pour le printemps et l'été : tuteurs, attaches, étiquettes,
engrais, produits phytosanitaires . . .
- Entretien des outils.
- Si le temps le permet, nettoyage des arbres: éliminer
mousse, lichen, bois mort, gui ...
- Arrachage, dessouchage des vieux arbres.
- Protection contre le gel des végétaux
sensibles, avec paille, chiffons, plastique, laine de
verre. Badigeonner les troncs à la chaux, cela évite
un réchauffement trop rapide au printemps.
- Taille, si les conditions climatiques sont favorables.
- Protection contre le gibier.
- Rabattage des arbres destinés à être
surgreffés.
- Promenade au verger pour vérifier l'état
des arbres.
- Eliminer les vieux fruits recouverts de tavelure ou
de moniliose et restés accrochés aux branches.
- Prélever des greffons.
- Visite au fruitier
- Consommer en premier les fruits douteux
- Eliminer les fruits pourris.
DEBUT
FEVRIER
- Contrôler l'efficacité des mesures prises
antérieurement pour lutter contre le gel, les
rongeurs ...
- Contrôler la solidité des ligatures et
la lisibilité des étiquettes.
- Dresser un plan du verger (si ce n'est déjà fait),
avec le nom des variétés, date de plantation
des arbres et diverses remarques.
- Soigner les plaies des arbres.
- Poursuivre les travaux de taille.
- Si le temps le permet, plantation des jeunes fruitiers
et des petits fruits (framboises, groseilles).
- Taille et tuteurage des cannes de framboisiers.
- Traitement au cuivre contre les maladies cryptogamiques
(cloque, tavelure, moniliose).
- Prévoir un plan de fumure. On peut commencer à mettre
un peu d'azote.
- Récolter les derniers greffons. Certains essaient
déjà la greffe en fente sur cerisier.
- Lutter contre les campagnols. Quand le sol est profondément
gelé, ils éprouvent des difficultés à se
nourrir et consomment plus volontiers les différents
appâts qu'on leur offre.
DEBUT
MARS
-
- Plantations. Il est encore possible
de planter des arbres à cette époque. Il
faut cependant que le sol soit dégelé et
suffisamment ressuyé. Il est impératif
de praliner les racines et d'arroser copieusement.
- Contrôle des plantations d'automne. La
terre s'est tassée pendant l'hiver et l'arbre
est peut-être "pendu" par sa fixation au tuteur.
Il faut desserrer le lien et tasser fortement la terre
au pied de l'arbre. Vérifier que le collet est
bien au ras du sol. S'assurer que l'attache de l'étiquette
ne va pas provoquer d'étranglement.
- Taille. Tous types de taille sont
encore possibles en mars : formation, entretien, fructification, élagage.
Tailler tard les espèces sensibles au froid (pêcher,
abricotier...)
- Greffe. Prélever les derniers
greffons si les yeux sont encore au repos. Surveiller
les greffons qui sont déjà en jauge (humidité,
rongeurs . .) En mars, on peut réaliser certains
types de greffe comme l'incrustation, la fente, l'anglaise.
Préparer les arbres qui seront surgreffés
en avril ou en mai : pour cela, couper les branches une
vingtaine de centimètres au-dessus du futur point
de greffe.
- Boutures. On peut encore mettre en
jauge des rameaux qui serviront de boutures le mois prochain
On peut aussi tenter le bouturage de rameaux déjà récoltés
ultérieurement.
- Fertilisation. C'est le moment de
faire un apport d'azote ou d'engrais complet s'il n'y
a eu aucun apport de phosphore et de potasse à l'automne.
- Traitements. Au débourrement
(stade B ou C), on peut appliquer des huiles blanches
et un insecticide pour détruire les formes hivernantes
ou les premières colonies de pucerons. On peut
aussi appliquer un sel de cuivre (bouillie bordelaise,
par exemple) pour lutter contre les maladies cryptogamiques
(tavelure, oïdium, chancre)
- Fruitier. Contrôle des fruits
et élimination de ceux qui sont abîmés.
DEBUT
AVRIL
-
- Plantations : Selon les régions,
il est encore possible d'effectuer les dernières
plantations. Pralinage des racines, arrosage copieux,
paillage sont impératifs.
- Taille : Il est possible de tailler
tardivement, des arbres vigoureux légèrement
en sève. Cela atténuera leur vigueur. Il
est déconseillé de tailler tardivement
les arbres peu vigoureux. Sur les formes palissées,
il faut fixer les prolongements, orienter et attacher
les branches qui doivent être inclinées.
La taille du pêcher doit être effectuée à un
moment proche de la floraison. Elle a pour buts de maintenir
un nombre de bourgeons satisfaisant, de favoriser l'émission
de jeune bois et de préparer la fructification
de l'an prochain.
Les rejets sur les troncs et les drageons doivent être supprimés.
- Vérifier l'état des
tuteurs et des ligatures, surtout pour les porte-greffes à faible
enracinement comme les M9 par exemple.
Surveiller les greffons en jauge et les fruits à la cave.
- Greffes : Si les porte-greffes sont
en sève, on peut pratiquer les greffes sous écorce
(en coulée, en couronne, en pont). Si ce n'est
pas le cas, pratiquer la fente ou l'anglaise comme en
mars.
- Lutte contre le gel printanier : Le
sol doit être propre, tassé (ne pas le travailler).
Le gazon doit rester court Effectuer la première
tonte dès qu'il mesurera une quinzaine ou une
vingtaine de centimètres. Les formes naines et
les arbres palissés contre un mur peuvent être
recouverts d'un vieux drap ou d'un film plastique. Dans
les vergers industriels, certains professionnels allument
des chaufferettes au fuel.
- Noter les dates de floraison de vos
arbres. Cela vous permettra d'effectuer des comparaisons
avec les années précédentes et cela
sera utile aussi pour déterminer la date optimale
de cueillette.
- Favoriser la pollinisation en installant
une ou deux ruches dans le verger.
- Traitements : Surveiller l'apparition
des premiers pucerons et traiter immédiatement
avec un insecticide. Aux stades D-E) appliquer un traitement
fongicide contre la tavelure et l'oïdium.
DEBUT
MAI
-
- Surveiller les arbres récemment
plantés (ligature, tuteur) et arroser copieusement
si la terre se dessèche. Si des bouquets floraux
apparaissent sur ces arbres nouvellement plantés,
il faut les supprimer car ils épuiseraient inutilement
ces jeunes sujets.
- Taille : Ebourgeonner les éventuels
rejets et les pousses inutiles. Palisser les prolongements
et les dégager des pousses concurrentes en supprimant
ces dernières.
- Greffage ou surgreffage des pommiers.
- Gel : Poursuivre la lutte comme en
avril. Dès que les risques de gelée ont
disparu, on peut entretenir le pied des arbres par un
binage.
- Eclaircissage des jeunes fruits s'ils
sont trop nombreux Cette opération qui s'effectue
4 à 6 semaines après la floraison peut
avoir lieu en juin dans les régions au climat
plus rude. Conserver 1 à 2 fruits par bouquet
floral. Pommiers : conserver le fruit central. Poiriers
: éliminer les fruits centraux. Pêchers
: couper par le milieu les fruits à éliminer
; ne conserver qu'un fruit tous les l0-l5 centimètres.
Cet éclaircissage assure un bon calibre aux fruits
et réduit les risques d'alternance. Dans les vergers
industriels, certains professionnels éclaircissent
chimiquement les fruits en pulvérisant un A.N.A.
(Acide-Naphtil-Acétique).
- Fertilisation : Faire l'appoint en
azote si cela n'a pas été fait antérieurement
Cela favorise le développement des nouvelles pousses
et l'élaboration de nouveaux bouquets floraux.
- Traitements : Eviter de traiter en
peine floraison. Vous risquez de tuer les insectes pollinisateurs
et de laver le pollen des fleurs. Au stade H, appliquer
un traitement fongicide contre la tavelure et l'oïdium.
Surveiller l'apparition de nouvelles générations
de pucerons et traiter immédiatement. Quand les
feuilles sont enroulées, c'est trop tard.
A partir de la mi-mai, on peut poser les pièges sexuels à phéromone
pour commencer la lutte contre les carpocapses. Etablir un plan de vos plantations
si cela n'a pas été fait Noter aussi d'autres renseignements
comme la variété, le porte-greffe, l'origine de l'arbre, la
fumure de fond etc. ...
DEBUT
JUIN
-
- Premières cueillettes : Bigarreaux
hâtifs, framboises, groseilles...
Eclaircissage des fruits à poursuivre ou à commencer si cela
n'a pas été fait en mai. (voir ci-dessus).
- Taille : Sur les jeunes arbres en
formation et sur les arbres adultes rajeunis au cours
de l'hiver précédent, supprimer les pousses
mal placées et pincer les pousses conservées
(à 4 ou 5 feuilles si la vigueur est faible ; à 7
ou 8 feuilles si la vigueur est forte).
Décapiter les cerisiers trop hauts au moment de la récolte.
Pour affaiblir un arbre vigoureux, pincer les jeunes pousses latérales
ne servant pas à la formation de l'arbre ou au prolongement
de la charpentière. Cela limitera la fonction chlorophyllienne,
donc la formation de bois et favorisera l'induction florale. Sur la
vigne, ébourgeonner les pousses apparaissant sur le vieux bois.
Des tailles légères de correction sont possibles sur
noyers.
- Greffes : Surveiller les ligatures
des greffes d'avril et de mai. Couper le raphia (sans
l'enlever) pour éviter tout risque d'étranglement
Si la greffe a repris, supprimer les rejets qui apparaissent
sur le tronc. Au contraire, si la greffe a échoué,
conserver ces rejets : ils maintiendront en vie le porte-greffe
et une autre tentative pourra avoir lieu plus tard.
- Arroser les arbres plantés
au printemps si la sécheresse persiste, pailler
le pied (attention aux campagnols) ou travailler le sol
pour limiter l'évaporation. Entretenir le gazon.
DEBUT
JUILLET
" Juillet ensoleillé remplit caves et greniers"
-
- Taille : Tailler la vigne 3 ou 4 feuilles
au-dessus de la dernière grappe. Pratiquer la
taille en vert ou les pincements (voir bulletin n° 72
) pour étoffer la couronne en provoquant la ramification
des pousses. Eliminer les rameaux gourmands et les pousses
verticales sur les formes palissées horizontalement,
cela évite le gaspillage de sève. Supprimer
les pousses sans grand intérêt et raccourcir
celles qui sont trop longues. Supprimer également
les pousses de framboisiers ayant fructifié ainsi
que les rejets trop faibles. Tailler le noyer au cours
de la première quinzaine de juillet. Elaguer les
cerisiers dans la quinzaine qui suit la récolte.
Incliner les pousses trop vigoureuses, arquer et palisser
les nouvelles pousses (tous arbres fruitiers).
- Traitements : Un mois de juillet pluvieux
favorise bon nombre de parasites, mais quelle que soit
la météo il faut rester vigilants : la
rapidité d'intervention est souvent déterminante
dans la réussite des traitements. Pulvériser
des fongicides contre la tavelure et l'oïdium et
des insecticides contre les pucerons et les carpocapses
(deuxième vol en juillet ou août selon les
régions). On peut pulvériser aussi des
engrais foliaires pour corriger les éventuelles
carences des amendements de l'automne ou du printemps,
notamment en oligo-éléments (bore, fer).
- Récolte des fruits d'été : Certaines
variétés de cerises, groseilles, framboises,
cassis, fraises, etc.- - se récoltent en juillet
selon les régions. Ces fruits d'été ont
une durée de conservation beaucoup plus courte
que ceux d'automne. Il ne faut pas les cueillir trop
mûrs car leurs qualités s'altèrent
vite.
- Autres travaux : Arroser les arbres
plantés tardivement et les arbres nanisants (faible
réseau racinaire). Désherber, sarcler les
cultures de petits fruits Vous éviterez l'envahissement
par les mauvaises herbes qui consomment inutilement eau,
lumière, éléments nutritifs. Contrôler
les ligatures des arbres palissés. Tondre la pelouse
dès que la hauteur de l'herbe atteint une douzaine
de centimètres. Fin juillet, on peut commencer à poser
les premiers écussons.
DEBUT
AOUT
-
- Récolte des fruits d'été (suite)
: Comme leur conservation est souvent de courte
durée, prévoir de les mettre en conserve
(bocaux, congélateur, fruits secs, confiture...)
- Traitements : Si la température
est très élevée, surveiller les
attaques d'acariens (feuillage vert bronzé). Lutter
contre la deuxième génération de
carpocapses et contre les pucerons qui pourraient s'installer
sur les jeunes rameaux herbacés de la deuxième
pousse. Si le temps est humide, effectuer un traitement
contre la tavelure. Attention ! Pas de sels de cuivre
sur le feuillage de la plupart des arbres fruitiers et
pas de soufre si la température dépasse
25°. Vers la fin du mois, on peut cependant pulvériser
une solution cuprique sur les vieux cerisiers pour lutter
contre le chancre. Poser des pièges à guêpes
si ces insectes s'attaquent aux fruits.
- Taille : Eliminer les feuilles masquant
les fruits, ceux-ci seront plus colorés et plus
sucrés. Continuer le palissage des nouvelles pousses.
Après cueillette des pêches, éliminer
les rameaux qui ont fructifié en laissant les
deux pousses basales pour assurer la fructification de
l'an prochain. Continuer l'élagage des arbres à noyaux
après récolte.
- Greffes : Août est le mois de
l'écussonnage. A partir du 15, on peut tenter
des greffes en couronne sur cerisiers et pruniers. Ne
pas laisser le limbe des feuilles sur les greffons.
- Autres travaux : Arroser si nécessaire,
surtout les jeunes arbres nouvellement plantés.
Etayer les branches si elles sont trop lourdement chargées
de fruits. Implanter de nouvelles places de fraisiers.
Si le sol est travaillé au pied des arbres, on
peut semer un engrais vert. Cela constituera un apport
d'azote et cela évitera de patauger dans la boue
si la terre est mouillée au moment de la récolte.
DEBUT
SEPTEMBRE
-
- Récolte des derniers fruits d'été et
des premiers fruits d'automne : Récolter
d'abord les fruits véreux (maturité accélérée)
pour les détruire ou les transformer en compote.
Cueillir des fruits bien colorés. Ne pas hésiter à effectuer
plusieurs passages. Ne prélever que des fruits
secs, sans pluie ni rosée. Les fruits doivent
se détacher facilement de l'arbre quand on les
soulève légèrement. On peut déterminer
la date de cueillette d'après la date de pleine
floraison. Il faut connaître l'échelle
de végétation de ses variétés.
Cela peut aller de 100 jours pour les plus précoces à 165
jours pour les plus tardives. On peut pratiquer aussi
le test iodo-ioduré (test de LUGOL) ou utiliser
des appareils plus sophistiqués comme le pénétromètre
et le refractomètre. Mais quels sont les amateurs
qui possèdent un tel matériel ? Préparer
le local de stockage des fruits. Eliminer les noisettes
tombées à terre (lutte contre le balanin).
Récolte des noix au fur et à mesure de
leur chute naturelle.
- Traitements : Pulvérisation
cuprique sur le cerisier si cela n'a pas été fait
en août. Dernier traitement contre la tavelure.
Lutter contre le puceron lanigère avec PIRIMICARBE,
par exemple. Doubler la dose si cet insecte se montre
particulièrement résistant. A la fin du
mois, traiter contre le bitter pit avec ANTl STIP ou
BITTER STOP. Le bitter pit se manifeste particulièrement
en cas d'excès de fumure azotée ou de déficit
en calcium. Pulvériser un désherbant du
type "round up" sur liserons et chardons. Si on n'est
pas allergique aux produits de synthèse, on peut
traiter au BENOMYL contre les maladies de conservation
des fruits.
- Taille : Poursuivre la taille en vert,
l'élagage des fruitiers à noyaux, la taille
après récolte du pêcher. Eliminer
les feuilles jaunies de la vigne. On peut calmer l'excès
de vigueur de certaines pousses en les inclinant ou en
les arquant. Cela accélérera leur mise à fruit.
- Autres travaux : Etayer si nécessaire.
Continuer les arrosages des jeunes arbres, si la sécheresse
persiste. Apporter des engrais phosphopotassiques aux
arbres qui ne fructifient pas. Au cours de la deuxième
quinzaine, greffer en fente le cerisier (retirer le limbe
des feuilles du greffon). Lutter contre les campagnols:
ils sont particulièrement actifs à cette
période de l'année. Poser ou renouveler
les bandes de glu sur les troncs pour empêcher
le passage des insectes qui descendent hiverner dans
le sol. Mettre en terre les boutures de groseilliers.
DEBUT
OCTOBRE
-
- Récolte et conservation :
Pour concilier à la fois goût et conservation, le moment de
la cueillette doit être bien choisi. Cueillis trop tôt, les fruits
manquent de goût, cueillis trop tard, ils se conserveront moins bien.
Trois critères principaux sont à prendre en considération
pour déterminer le meilleur moment de la cueillette :
- virage au clair de la couleur du fond
- échelle de végétation (nombre de jours entre
la floraison et la cueillette)
- test iodo-ioduré (voir l'article "Quand cueillir ses pommes" pages
10 et 11 du bulletin N° 68).
La coloration des pépins n'est pas un critère applicable à toutes
les variétés. Les fruits des arbres trop chargés
ont une maturité retardée. Les gros fruits ont une maturité avancée.
Les fruits situés à l'extérieur du feuillage mûrissent
plus tôt. Si on a le temps, il est important de cueillir en plusieurs
passages car les fruits ne sont pas tous mûrs au même moment.
Après une forte rosée ou une averse, attendre que les
fruits soient secs avant de les cueillir. Saisir les fruits à pleines
mains, sans pression, les tourner légèrement en poussant
vers le haut (voir bulletin N° 74 page 11 ) . lls doivent se détacher
facilement. Si ce n'est pas le cas, repasser quelques jours plus tard.
Les fruits cueillis doivent "transpirer" pendant 2 ou 3 jours dans
un endroit frais et aéré. Ensuite il faudra faire un
tri sévère pour ne rentrer au fruitier que des fruits
parfaits, sinon il faudra les ressortir pourris quelques semaines plus
tard. Les locaux destinés au stockage des fruits auront été nettoyés
et désinfectés 2 semaines auparavant. Les fruits éliminés
lors du tri seront utilisés immédiatement: jus, pâtisserie,
confiture, fruits secs, alcool etc ...
Stocker séparément les fruits de courte et de longue
conservation. En effet, en cours de maturation, les fruits dégagent
des gaz particuliers. Les gaz émis par les fruits de courte
conservation accélèrent la maturation des fruits de longue
conservation. Les pommes doivent être entreposées les
pédoncules orientés vers le bas. Pour les poires, c'est
le contraire. De plus, si l'extrémité du pédoncule
des poires est recouvert de cire, la durée de conservation sera
augmentée.
La récolte des noix doit se faire au fur et à mesure
qu'elles tombent naturellement. Eviter de les gauler trop fortement.
Cela peut blesser inutilement les branches. Les noix doivent être
lavées à l'eau froide puis étalées en couches
minces et séchées à l'ombre. Les remuer 1 à 2
fois par jour.
- Apport d'engrais :
"En Octobre, qui ne fume rien ne récolte rien". "Il ne suffit pas de prendre,
il faut aussi donner". Voici deux dictons qui montrent la nécessité d'entretenir
la fertilité du sol de son verger.
Les engrais peuvent être apportés au niveau du sol, mais
le gazon en profitera avant les arbres. Ils peuvent être aussi
introduits au niveau des racines dans des trous creusés à l'aide
d'une barre métallique, à l'aplomb de la couronne des
arbres.
Quels engrais apporter ?
L'apport de fumier à titre indicatif, 5 à 10 kg/m2 tous les
3 ans) est toujours le bienvenu, mais son action est lente et profite avant
tout au gazon, comme il est dit précédemment (Attention à la
fréquence des tontes !).
On peut apporter des engrais du commerce, sous forme de granulés
(50 à 60 g/m2). Choisir des formules sans azote (du type 0-12-12)
car ce composant serait lessivé pendant l'hiver.
- Traitement :
Le traitement des fruits contre les maladies de conservation est préventif
et doit avoir lieu avant la cueillette.
Traitements naturels : pulvériser des poudres de roches riches
en silice, des extraits d'algues; cela renforce l'épiderme des fruits.
Dès la chute des feuilles, on peut pulvériser une solution
cuprique (type bouillie bordelaise) afin que des spores de maladies cryptogamiques
ne s'installent pas sur les cicatnrices foliaires. On peut aussi poser
des bandes de carton ondulé sur les troncs et les grosses branches
pour recueillir les formes hivernantes de certains insectes comme le carpocapse.
Ces bandes seront brûlées et remplacées tous les 10
jours environ. Des bandes de glu peuvent être placées sur
le tronc pour empêcher les mouvements des insectes qui descendent
hiverner dans le sol.
- Préparer les futures plantations :
Toute plantation d'arbre doit être mûrement réfléchie
car c'est une action à long terme qui peut, par la suite, apporter
plus de soucis que de satisfactions si elle n'a pas été pensée.
Il faut d'abord connaître la composition et la structure du sol ainsi
que le volume final de l'arbre pour choisir le porte-greffe adapté.
Ne pas planter trop serré, trop près de la maison ou trop près
des voisins car les arbres prennent vite du volume et cela posera peut-être
quelques problèmes dans les années futures.
Tenir compte de l'orientation du terrain, réfléchir
au meilleur emplacement pour chaque arbre, choisir une forme adaptée
(espalier, quenouille, plein vent etc...) Si plusieurs variétés
sont à implanter, les choisir en fonction de leur goût,
de leur utilisation, de leur résistance, de leur conservation
de façon à avoir le plus grand éventail possible.
Après avoir tenu compte de tous ces paramètres, passer
commande afin que les arbres soient livrés avant les premières
gelées.
- Travaux divers :
Surveiller les ligatures des greffes d'Août et de Septembre. Tailler
les ronces fruitières : couper au ras du sol les tiges ayant fructifié cette
année. Installer un support pour les futures plantations en espalier.
Creuser les trous pour les plantations du mois prochain.
Conseil qui reste valable pour tout le temps : prendre
des notes pour éviter l'an prochain les erreurs
de cette année.
DEBUT
NOVEMBRE
-
- Conservation des fruits :
Normalement en Novembre, les récoltes sont terminées, les fruits
triés et stockés au fruitier ou à la cave. Le local
idéal pour la conservation des fruits doit avoir une température
de 3 ou 4°C pour les pommes et 1°C pour les poires, une hygrométrie
suffisante (80%) et une certaine luminosité. Toutes nos caves d'amateurs
sont loin de remplir ces conditions. Nos fruits se conserveront quand même,
mais moins bien et moins longtemps. Le fruitier doit être aéré au
moins une fois par semaine. Surveiller les fruits et retirer ceux qui sont
abîmés. Consommer en priorité les fruits récoltés
trop tardivement. Si des taches amères apparaissent dans les fruits,
cela peut être une carence en calcium: prévoir une pulvérisation
de calcium sur le feuillage l'an prochain.
- Amendement du sol :
Apport d'engrais si cela n'a pas été fait en Octobre. Dans
les vieux vergers, prévoir en plus un apport de chaux. En effet, un
verger adulte hautes tiges prélève de 80 à 200 kg de
chaux par hectare et par an. On comprend donc qu'après plusieurs décennies
cet élément finit par manquer dans la zone prospectée
par les racines de nos arbres. Cette décalcification entraîne
une acidification du sol qui retient moins bien les engrais. De plus la chaux
est utile à la plante pour former ses tissus. Elle stimule la croissance
racinaire, assure une bonne répartition des amidons et neutralise
les acidités végétales. Une carence en chaux peut être
favorable au développement de certaines maladies. Une tonne de chaux
magnésienne par hectare serait un moyen efficace pour lutter contre
le bitter-pit.
- Plantations :
"A la Sainte Catherine, tout bois prend racine"
Si tout le travail de préparation et de réflexion a été mené en
Octobre, il ne reste plus qu'à passer à l'acte. Sinon, réaliser
maintenant toutes les actions décrites à ce sujet dans les
travaux d'Octobre. Il est préférable de planter en Novembre,
car l'enracinement peut débuter avant les grandes gelées.
Bien choisir ses plants :
- Tronc droit s'amenuisant régulièrement vers le haut
- Ecorce lisse et luisante
- Pousses vigoureuses, bien aoûtées
- Chevelu racinaire abondant
- Plants testés virus.
En réintroduisant la terre dans le trou de la plantation, incorporer
une fumure de fond. "Le futur se prépare au présent". Cette
fumure de fond peut être soit du fumier bien décomposé (30
kg par m3 de terre), soit un engrais organominéral du type 4-8-12
(2 à 3 kg par m3). La présence d'azote favorise l'apparition
de jeunes radicelles.
Ne jamais planter l'arbre tout au fond du trou de plantation; ce serait
trop profond, les racines s'asphyxieraient. Combler les 3/4 du trou avec
le mélange terre + amendement avant de placer l'arbre. Enfoncer
le tuteur, habiller et praliner les racines, poser l'arbre sur un petit
cône de terre, recouvrir les racines avec le reste de terre, mouiller
abondamment et secouer un peu I'arbre afin de faire remonter les bulles
d'air emprisonnées, tasser avec le pied (même si la terre
colle aux chaussures !). Une fois ce travail terminé, le collet
de l'arbre doit être au niveau du sol. En aucun cas le bourrelet
de greffe ne doit être enterré. Si ce n'est pas le cas, ne
pas hésiter à déplanter et à recommencer.
Lire les articles sur la plantation parus dans les anciens bulletins :
- Plantations de J. Vigé, bulletin N° 72, page 10
- Conseils aux débutants de G. Nicaise, bulletin N° 63,
pages 27 et 28
- Plantation des arbres fruitiers, section Auxois-Morvan, bulletin
N° 37, page 13.
- Savez-vous planter les arbres de M . Grasseler, bulletin N° 3
7, pages 18 à 20
- Plantez un arbre de H. Gosselin, bulletin N° 29, pages 25 à 28.
- Taille :
Faut-il tailler l'arbre à sa plantation? Réponse: OUI. En effet,
le système racinaire a été fortement endommagé lors
de l'arrachage du jeune plant et encore réduit par l'habillage avant
plantation. Si l'on conserve la totalité des branches, le nombre de
bourgeons à nourrir sera trop grand par rapport au nombre de racines
et au cours de l'été suivant les jeunes pousses risquent de
mourir par manque d'eau et de nourriture. Cependant les avis divergent sur
ce point: cette taille n'est-elle qu'un simple accourcissement des rameaux
existants ou déjà le début de la taille de formation?
Pour tenter de se faire une idée sur la question. Lire l'article :
Plantalion et formation., section Auxois-Morvan, bulletin N° 49 pages
13 et 14.
- Taille de plantation :
Raccourcir les racines, pratiquer des coupes horizontales et nettes.
- Taille de formation :
Choisir les charpentières (les insertions sur le tronc doivent être
distantes d'au moins 3 cm), les raccourcir (conserver 1/3 de leur longueur),
contrôler leur inclinaison (45° environ)
- Entretien des arbres existants :
Remettre en état les arbres : couper soigneusement les branches cassées
au cours de la récolte ou à cause d'une surcharge de fruits.
Recouvrir les grosses plaies de mastic. Supprimer les pousses malades. Ne
tailler que par températures positives, à partir de la mi-novembre.
Entreprendre en priorité les arbres âgés et les arbres à noyaux
car ils supportent mal les tailles tardives du printemps. Adapter la taille
aux réactions de l'arbre suite aux tailles des années précédentes.
Tailler court les arbres très productifs et long les arbres qui produisent
trop de bois.
- Autres travaux :
Poursuivre le traitement aux sels de cuivre pour lutter contre les maladies
cryptogamiques. Poser des abris pièges contre les ravageurs. Ramasser
et détruire les fruits rcstés à terre. Nettoyer à l'alcool à brûler
les zones attaquées par le puceron lanigère. Couper les touffes
d'herbe sèche au pied des arbres; elles pourraient servir de refuge
aux campagnols. Protéger les jeunes troncs contre les rongeurs à l'aide
de grillage ou d'un répulsif.
DEBUT
DECEMBRE
-
- Nettoyage des arbres et du sol :
Eliminer les mousses, les lichens du tronc et des charpentières par
raclage ou brossage. Les recueillir sur un plastique et les brûler.
On peut aussi utiliser un nettoyeur à haute pression. L'utilisation
des huiles jaunes est à éviter car elles détruisent
la faune auxiliaire. Ratisser sous les arbres pour éliminer (par le
feu) les déchets susceptibles de porter les formes hivernales des
maladies de l'an prochain (tavelure principalement).
- Travail du sol :
Un bêchage détruit bon nombre d'insectes hivernant dans le sol
comme la mouche de la cerise, le ver de la framboise et certains carpocapses,
les oiseaux qui dévorent nos cerises deviennent nos alliés
en se nourrissant de ces larves.
- Lutte contre les rongeurs :
En décembre, les campagnols et mulots n'ont plus grand chose à se
mettre sous la dent et s'attaquent souvent aux racines de nos fruitiers.
On peut poser des pièges, leur distribuer des racines empoisonnées
ou des appâts du commerce, poser des appareils émettant des
ultrasons. A la plantation des arbres, tapisser le trou de grillage et mélanger
du verre pilé à la terre. Pour vérifier la présence
de campagnols, ouvrir une de leurs galeries : dans la demi-heure qui suit,
ils auront rebouché l'orifice.
- Elimination des vieux arbres et des souches
:
Avant de supprimer définitivement un vieil arbre, lui assurer une
descendance en prélevant des greffons si c'est possible. Sinon, pratiquer
un rabattage très sévère en espérant provoquer
la naissance de quelques jeunes pousses l'an prochain.
Une technique de dessouchage si on n'a ni pelleteuse ni bulldozer:
percer dans la souche tous les 8 à 10 cm, des trous de 12 mm
de diamètre et de 10 à 15 cm de profondeur. Emplir ces
trous de chlorate de soude, les reboucher avec un bouchon ou de l'argile.
Remettre du chlorate de soude 15 jours plus tard et reboucher. Attendre
3 mois, arroser la souche avec du pétrole et allumer. La souche
se consumera lentement jusqu'à l'extrémité des
racines.
- Taille :
S'il ne gèle pas on peut tailler et élaguer: éliminer
le bois mort, les branches cassées, les rameaux orientés vers
l'intérieur, les branches trop proches l'une de l'autre, les parties
retombantes des branches fructifères. Rajeunir les arbres montrant
des signes de fatigue en pratiquant un élagage assez sévère
pour provoquer la pousse de jeune bois.
- Poursuivre les plantations : Toujours
s'il ne gèle pas.
- Entretien des outils : Nettoyer, affûter,
graisser, réparer ... Lire les articles de L.
Barbance, à ce sujet dans les bulletins N° 55,
56 et 57. Pour l'achat de nouveaux outils, ne pas hésiter à mettre
le prix. On est souvent déçu par des outils "à quatre
sous" (on peut aussi écrire une lettre au Père
Noël).
- Préparer les futures greffes : En
prélevant dès maintenant les greffons et
en rabattant les arbres à surgreffer 30 cm environ
au-dessus du point de greffage.
- Lutte contre le gibier : A poursuivre.
- Surveiller le fruitier.
D. ETALON
(Franche-Comté Nord)
Inspiré du calendrier Auxois-Morvan
DEBUT
|