Le logo des Croqueurs de Pommes est déposé à l'I.N.P.I.




Agrée au titre de la protection de la nature dans u
n cadre national
(Art. L 160-1 du code de l'urbanisme)
Délégation à la qualité de la vie - Arrêté ministériel du 27 septembre 1985 - J.O. du 19 janvier 1994

 
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Vu dans la presse

« Conseiller à la cour», «Bobic», «Gilles ô Gilles», «Soldat laboureur»... Cette liste à la Prévert ne rassemble pas les surnoms de quelques galants hommes, mais des pommes et des poires.

 

«Jadis, il était de coutume que celui qui dénichait une variété lui donnait le nom de son choix. Certains lui attribuaient leur prénom, d'autres celui d'un lieu-dit. Par exemple, «Soldat laboureur» est une poire découverte par un pomologue belge. Ce dernier, qui servit sous Napoléon 1, la baptisa ainsi pour évoquer sa carrière de militaire et ses rares congés voués à sa passion... la plantation de semis», explique Éveline Maufoux.

Depuis dix ans, cette ancienne infirmière de 54 ans est à la tête de l'antenne locale des Croqueurs de pommes, basée à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or). Fondée en 1978, cette association réunit, en France, plusieurs milliers de passionnés, soucieux de réintroduire les variétés anciennes de fruits, ignorées ou boudées par les consommateurs.


Des variétés de pommes et de poires par milliers
«On estime qu'il existe entre 3 000 et 5 000 espèces de pommes et 2 000 espèces de poires en France. Or, par souci de rentabilité, on n'en commercialise plus à grande échelle que quelques dizaines, et pas forcément les meilleures. Qui connaît encore la saveur de la poire morvandaise Ploteau ou de la pomme de L'Estre ?»
Une «réserve» d'arbres fruitiers
Sous sa houlette, la centaine d'irréductibles de sa section ont décidé d'organiser la résistance pour stopper l'hémorragie. «Il ne s'agit pas seulement de lutter contre l'uniformisation des saveurs. Derrière chaque fruit se cache un vécu et un savoir-faire, aussi important que le fruit!», sourit Éveline. L'association a ainsi créé, en 1986, un verger conservatoire, réserve génétique et banque patrimoniale qui compte 170 pommiers, poiriers, pruniers et cerisiers.
«Nous y organisons, chaque année, des portes ouvertes. Nous y accueillons aussi les élèves, pour des dégustations et des séances de taille. Beaucoup sont étonnés de découvrir autant de saveurs et de parfums différents.» «Reinette carrée de Montbard», «Jolibois striée de rouge» et «Calville blanc d'hiver» ont dévoilé leurs mystères acidulés ou sucrés.
«La pomme ou la poire sont des liens entre les générations. Les grands-parents adorent enseigner leurs astuces aux jeunes qui cherchent souvent leurs racines, confie Éveline. Chaque variété possède ses anecdotes et son histoire. Et il reste encore beaucoup à découvrir!»

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Les Croqueurs de pommes prennent la défense du patrimoine fruitier.

Maïté Dodin, qui habite la Ferté-Bernard, milite pour la sauvegarde du patrimoine fruitier. Elle est depuis l’an dernier la première femme à la tête de l’association nationale des Croqueurs de pommes.

Chez Maïté Dodin, il y a toujours des pommes, à toutes saisons. Rangées dans des paniers ou des caisses, stockées dans le garage.

« J'en mange raisonnablement. Ma pomme passion, c'est la pomme de Coudre, l'emblème de la pomme du Perche. Elle a nourri des générations. Elle n'est pas sensible au gel et aux maladies. Elle est adaptée à son territoire. Son arbre ne demande aucun traitement ou presque. Il est très vigoureux, très fertile et donne des fruits pour tout l'hiver... ».

Cette habitante de La Ferté-Bernard prend beaucoup de plaisir à parler de l'histoire des fruits d'antan. Et sa première année à la tête de l'association nationale des Croqueurs de pommes est tout bonnement exceptionnelle !

« Jamais, de mémoire de Croqueurs, variétés n'avaient été aussi abondantes. On a même vu de vieux arbres qui ne produi­saient plus crouler sous les fruits. Beau clin d'œll que nous fait la nature, à l'heure où les Croqueurs s'emploient à rédiger l'ouvrage de référence de la pomologie de nos fruits de terroirs ».

Leur présidente depuis avril 2006 est ravie.


«Il est bon de vivre en harmonie avec ce que peut nous offrir la nature » affirme Maïté Dodin

« Vieilles barbes un peu folles »

Maïté Dodin milite pour la sauve­garde du patrimoine fruitier depuis 2000, année de création des Col­lines du Perche chez les Croqueurs de pommes. « Ce que faisaient les Croqueurs m'interpellait. Au début, je les voyais comme de vieilles barbes un peu folles. Comme on re­garde le vieux savant. Cette idée-là me plaisait ».

En 2003, elle prend sa retraite et devient la présidente de cette sec­tion locale. Maïté Dodin va ainsi apporter toute son attention aux pommes, poires, prunes, pêches, cerises... d'ici et finalement d'ailleurs. Tout ce qu'elle entreprend, avec les siens, est complètement gratuit. Elle s'enrichit juste un peu plus lorsqu'elle découvre un fruit et donc une nouvelle histoire. Pour elle, l'homme et le végétal sont indissociables. « Par exemple, la pomme de Normandie, née après la Seconde Guerre mondiale, est issue de variétés américaines. Aujourd'hui, elle est redevenue normande car elle a pollenisé les variétés locales. Alors les Américaines d'origine ne sont plus que de lointaines cousines ! ».

Animer quelques centaines de bonhommes

Il y a dix ans, elle n'imaginait pas animer un jour les Croqueurs jusqu'à devenir leur présidente. « J'ai hésité à accepter cette responsabilité. C'était un grand honneur. Mais me retrouver face à quelques cen­taines de bonhommes, ça ne me semblait pas une mince affaire. Je ne voulais pas décevoir ». L'association nationale des Croqueurs de pommes fêtera ses trente ans en 2008. Le mouvement compte 52 sections, 500 militants et 6 000 adhérents qui travaillent à la mise en place de vergers « conservatoires ». Celui de La Ferté-Bernard intéresse même l'Inra (Institut national de recherche agrono­mique).

« La nature nous apprend tous les jours pour autant qu'on sache la regarder. On n'en a jamais fait le tour! Dans le Limousin, on défend la châtaigne. À chacun sa région et son patrimoine, quel qu'il soit ».

Karine Tertre


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Dernière mise à jour : 21 février, 2007-- #EndDate -->

 



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