Un seul pêcher à planter ? Mais lequel choisir ? Une Pavie à a chair adhérent au noyau mais idéale pour la conserve ? Une pêche traditionnelle ? Une nectarine ou un brugnon qui combleront celles et ceux qui redoutent le duvet dont sont couvertes les autres pêches ?
Je pourrais
donner dans la
curiosité et choisir
par exemple le
Brugnon Cerise, Pêches de vigne également nommé
Pêche Cerise, Nectarine Cerise, Brugnon Rouge, Brugnon Bel Enfant...
On pourrait imaginer qu'il s'agit là d'une création récente, pourtant, ce brugnon est l'une de nos plus anciennes variétés. Le Lectier en 1628, puis Merlet, Saint-Etienne, La Quintinie, Duhamel et bien d'autres encore l'ont décrit. Le fruit est de petite taille, de la taille d'une grosse prune Reine-Claude, présente une taille irrégulière, mais quelle originalité sur la table !
Originales aussi, les pêches plates que l'on commence à retrouver sur les étals des marchés d'où elles avaient disparu. La pêche plate de Chine fut décrite par Decaisne dans « le jardin fruitier du Muséum » sous le nom de Peen Too (soucoupe en chinois). Le fruit est plat, arrondi, déprimé en son centre sur les deux faces. Cette pêche se détache aisément du noyau, plutôt petit et la peau n'est pas adhérente. Une pêche pleine de qualités. Ces pêches sont robustes et rustiques, résistant bien aux maladies, peu sensibles aux gelées et s'adaptent bien à presque toutes les régions. De plus, pleureur avec l'âge, cet arbre est très décoratif et vigoureux.
Décoratif, le pavier pleureur, au fruit plutôt petit, de maturité tardive, très goûteux dans les régions bien ensoleillées.
Un brin de libertinage dans mon jardin ? En ce cas, je planterais « Téton de Vénus », décrite dès 1667 par Merlet. Il s'agit d'un très gros fruit caractérisé par son mamelon prononcé à l'opposé de la cavité caudale. Sa peau mince, s'enlevant aisément, sa chair blanchâtre, fine et fondante, délicieuse, en font l'une de nos plus belles variétés. Sa relative fragilité impose presque une culture en espalier et il est assez difficile de conduire les fruits à parfaite maturité (mi-septembre). Dans le même esprit libertin, mon choix pourrait se porter sur la « Pucelle de Malines », une grosse pêche également, de très bonne qualité gustative aussi. Mûre un peu plus tôt que le Téton de Vénus, nous la devons au major Espéren, obtenteur bien connu, vers 1840. Et pourquoi pas la Grosse Mignonne ? Très grosse, comme son nom l'indique, très fertile, s'adaptant à tous les porte-greffes, à toutes les formes, ce n'est pas loin d'être le fruit idéal. « De toutes les pêches, la Grosse Mignonne est la meilleure et la plus belle; si elle durait durant toute la saison des pêches, on se passerait volontiers des autres espèces.... C'est la plus estimée, et celle dont on doit planter le plus... » écrivait en 1735 Le Normand, alors directeur des vergers du Roi.
Evoquant les fameux « Murs à pêches » de Montreuil, la Galande, ou Noire de Montreuil présente bien des qualités. Mûre fin août début septembre, elle s'adapte bien à tous les climats. Le fruit, de forte taille, est de première qualité.
Allant vers la facilité, je sèmerais, quelques noyaux de bonnes pêches. Le résultat de ces semis est souvent estimable, et j'obtiendrais probablement un fruit intéressant.
Mais, dans la région d'Auvergne, au printemps tardif, il me faut absolument choisir une variété à floraison tardive, mon choix se porterait sur la pêche Bonouvrier, souvenir de Montreuil elle aussi, à la maturité tardive. Aussi aurais-je soin de l'exposer en un lieu le plus ensoleillé possible, cultivée en espalier, c'est ce qui lui convient le mieux, et de retirer, juste avant la coloration des fruits les feuilles les maintenant à l'ombre. Et j'aurais le plaisir de déguster un fruit fondant, juteux, à la chair légèrement teintée de rose... Hmmm ! j'en salive par avance.
B.V.
Charles Ingouf
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